Nous avons besoin d’une connaissance approfondie de l’histoire de l’art, mais aussi de l’analyse chimique, de l’informatique et de la haute technologie.

Déterminer l’authenticité d’une œuvre d’art est une opération très complexe. En l’absence de certains éléments, tels que les certificats d’authenticité ou la mention détaillée dans les inventaires ou les catalogues, les historiens de l’art et les experts doivent être des détectives.

 

Tout d’abord, le tableau est analysé par des experts en art qui, grâce à leur connaissance historico-biographique de l’auteur, peuvent reconnaître s’il s’agit d’un tableau authentique. Un «bon œil» – formé sur l’ensemble des œuvres reconnues pour reconnaître le style et la main de l’artiste – est capable de donner une première indication d’authenticité. Mais alors les outils technologiques font leur entrée sur le terrain.

 

PROFOND. Par exemple, les rayons X révèlent la présence de dessins ou de peintures sous la surface, tandis que la mesure de la radioactivité du plomb dans les peintures à l’huile donne des éléments utiles pour la datation.

 

Les indices les plus importants trouvés sont les anachronismes , c’est-à-dire des détails incompatibles avec l’âge présumé du tableau: un “révélateur” classique est l’utilisation de peintures inventées après la date.

 

Sont également utiles le logiciel qui analyse la régularité statistique de la disposition des fils de la toile (les irrégularités, qui se répètent dans chaque partie de la toile, sont caractéristiques des toiles anciennes, tissées à la main ou avec un cadre), le type de coup de pinceau (forme du pinceau, longueur et largeur de la section) et les schémas ou modèles en comparaison avec ceux d’autres œuvres, de certaines attributions, du même auteur. La zone dans laquelle se trouve la signature est importante: par exemple les repeintes indiquent qu’elle n’est pas contemporaine du tableau.

 

1 ET 2 – ANALYSE SPECTROSCOPIQUE INFRAROUGE DES MATÉRIAUX

 

Met en évidence l’altération des molécules d’un matériau. Elle peut être réalisée sur les parties en bois d’origine d’une œuvre (table, cadre, cadre) pour déterminer le type de bois et son âge (10/20 ans de marge d’erreur) ou sur d’autres matériaux, tels que des pigments ou des colles. Elle est réalisée sur un échantillon de quelques milligrammes et peut conduire à la détection d’anachronismes.

 

3 ET 4 – ANALYSE MICROSCOPIQUE DE LA SURFACE PICTURALE

 

Permet d’étudier les signes du vieillissement. On observe la “craquelure”, le réseau de petites fissures, pour comprendre si elle est naturelle, artificielle, profonde ou superficielle; pigments (artisanaux, industriels, pureté, cristallinité et taille), gouttes de couleur, durcissements, restaurations.

 

5 – ANALYSE PHYSIQUE DE LA COUCHE PICTURALE ET SOUS LUMIÈRE RASANTE

 

Avec un instrument appelé flexomètre dur, se produit le séchage de la peinture qui, avec le temps, a tendance à se déformer. L’observation à la lumière rasante met en évidence la rugosité de la surface, permet d’identifier les repeintes ou les restaurations.

 

6 – ANALYSE AVEC LA LUMIÈRE DE WOOD

 

La lampe Wood émet de la lumière avec un rayonnement ultraviolet, ce qui permet de reconnaître des matériaux (comme le pigment de zinc blanc) qui génèrent de la fluorescence et indiquent les peintures, mastics ou colles utilisées pour les retouches, repeintes ou restaurations. Identifier les matériaux permet de dater le tableau et de trouver des anachronismes.

 

7, 8, 9 – RÉFLECTOGRAPHIE INFRAROUGE

 

C’est une méthode d’investigation optique qui permet d’étudier la peinture en profondeur, en rendant visibles tous les dessins préparatoires (7), corrections, carrés (8), retouches ou contrefaçons. La présence d’un dessin sous la surface est un signe de l’authenticité d’une œuvre.