Visage jaune, yeux verts à pois, mains jaunes et oranges : c’est ainsi qu’Henri Matisse a peint le “Jeune marin” en 1906. Il s’agit d’une huile sur toile de 101 x 83 centimètres, conservée à New York au Metropolitan Museum of Art. À partir de ce tableau, le peintre français a recommencé à expérimenter et a produit une série de tableaux axés sur les couleurs vives des Fauves, accompagnées d’un nouveau sens de la ligne monumentale et décorative. Il représente des personnages, des baigneurs, des musiciens, des joueurs de boules, qui sont plus proches d’un monde mythique et non contaminé que de vrais personnages.

Le jeune marin II : analyse de l’image

Le Jeune Marin II est un tableau réalisé par le peintre français Henri Matisse en 1906. Cette huile sur toile est le portrait fauve d’un marin. Exposée au Salon d’automne de 1908, elle est aujourd’hui conservée au Metropolitan Museum of Art, à New York. Le jeune homme est représenté assis sur une chaise, ses mains informes reposant sur l’une des jambes et l’autre sur sa tête. Le jeune homme vit dans une autre dimension, rien d’humain, qui se transforme en icône. Les couleurs sont fauves, plates et impétueuses, mais pour créer un sentiment d’irréalité, la ligne qui dessine les traits du visage et du corps, qui sont stylisés tout comme ceux des images peintes sur les sarcophages égyptiens. Une stratégie pour donner vie à l’image peinte, une image indépendante de la réalité. On peut donc voir le jeune homme assis sur la chaise avec le chapeau bleu, comme la chemise et le pantalon vert, avec la jambe gauche appuyée contre la barre de la chaise, où l’on peut voir la botte rose, un peu plus claire que le rose utilisé pour le fond. Les mains informes sont jaunes, comme le visage, et reposent sur la tête et la jambe droite. Vous pouvez également voir l’oreille droite colorée en rouge, comme la chaise. Les yeux sont soulignés en vert, comme les sourcils et le pli supérieur des lèvres. Les yeux fixes, qui donnent l’air que le jeune marin pense, mais ce n’est qu’une apparence. Le jeune homme n’a rien d’humain. “On sort du mouvement réaliste”, disait le peintre français en 1909.  

Les autres chefs-d’œuvres de Henri Matisse 

– Luxe, calme et volupté,  réalisée en 1904 avec la technique du divisionnisme. Le tableau appartient depuis 1982 au Centre Georges Pompidou, où il est entré par dation, et est placé en dépôt depuis 1985 au Musée d’Orsay de Paris. 

Fenêtre ouverte, Collioure est un tableau réalisé en 1905. Cette huile sur toile fauve représente une fenêtre ouverte donnant sur le port de Collioure, dans les Pyrénées-Orientales. Présentée au Salon d’automne de 1905, elle est aujourd’hui conservée à la National Gallery of Art, à Washington. 

– Femme au chapeau est l’un des tableaux les plus connus du peintre français Henri Matisse. Réalisée en 1905, l’œuvre représente l’épouse de l’artiste Amélie Parayre habillée de façon bourgeoise. La touche très libre, la lumière frontale et surtout l’emploi de couleurs vives outrepassant toute forme de mimétisme font d’elle l’un des premiers exemples de fauvisme. Le tableau était d’ailleurs exposé au Salon d’automne de 1905 où la présentation de toiles de Matisse, Vlaminck et Derain donna son nom au mouvement. Gertrude et Leo Stein, Américains passionnés d’art français, achetèrent l’œuvre peu de temps après sa présentation. Vers 1906, il est accroché dans leur appartement rue de Fleurus. Le tableau est aujourd’hui au musée d’art moderne de San Francisco.