C’est au numéro 19 du quai Saint-Michel, en bas de son ancien atelier, près de Notre-Dame, qu’Henri Matisse réalise plusieurs œuvres sur le thème de l’atelier : du Peintre et du Modèle aux Plumes blanches. C’est en 1919 qu’il a peint “Les plumes blanches”. Il s’agit d’une huile sur toile de 73 x 60,3 centimètres, conservée à l’Institute of Arts – Minneapolis, représentant le modèle Antoinette Arnoux.  

Mais qui est vraiment Henri Matisse ? 

Henri Matisse, né le 31 décembre 1869 au Cateau-Cambrésis et mort le 3 novembre 1954 à Nice, est un peintre, dessinateur, graveur et sculpteur français. Figure majeure du XXe siècle, son influence sur l’art de la seconde partie de ce siècle est considérable par l’utilisation de la simplification, de la stylisation, de la synthèse et de la couleur comme seul sujet de la peinture, aussi bien pour les nombreux peintres figuratifs ou abstraits qui se réclameront de lui et de ses découvertes. Il fut le chef de file du fauvisme. De Pablo Picasso, qui fut son ami et le considérait comme son grand rival, à Andy Warhol qui « voulait être Matisse », tous les peintres du XXe siècle ont été confrontés à la gloire et au génie de Matisse. Henri Matisse naît le 31 décembre 1869 au Cateau-Cambrésis en France, fils d’un marchand de grains. Sa mère est peintre amateur. Après la guerre franco-allemande, en 1871, la famille déménage à Bohain-en-Vermandois où Matisse passe sa jeunesse. Il commence sa vie professionnelle comme clerc de notaire chez maître Derieux à Saint-Quentin. À 20 ans, à la suite d’une crise d’appendicite, il est contraint de rester alité pendant de longues semaines. Grâce à son voisin et ami peintre amateur, Léon Bouvier, Matisse découvre le plaisir de peindre. Sa mère lui offre une boîte de peinture. Il réalise ses premières œuvres, plus particulièrement un Chalet suisse, chromo reproduit dans les boîtes de peinture en vente à l’époque, dont Henri Matisse peindra une copie, qu’il signera « Essitam ». Dès son rétablissement, tout en réintégrant l’étude, il s’inscrit au cours de dessin de l’école Quentin-de-La Tour destinée aux dessinateurs en textile de l’industrie locale. Il peint son premier tableau, Nature morte avec des livres, en juin 1890. Peu après, il se rend à Paris. En 1892, Matisse rencontre Albert Marquet à l’École des Arts déco. C’est le début d’une amitié indéfectible entre les deux hommes qui échangeront par la suite une abondante correspondance. En 1895, Matisse s’inscrit à l’École des beaux-arts, dans l’atelier de Gustave Moreau. L’enseignement du maître encourage ses élèves à penser leur peinture, à la rêver, au-delà de la virtuosité technique. Matisse, comme ses condisciples, Georges Rouault, Léon Lehmann, Simon Bussy, Eugène Martel, Albert Huyot ou Henri Evenepoel, est stimulé par cette conception de la peinture et entend développer la sienne selon son individualité. Gustave Moreau, lors d’une correction, lui dit : « Vous allez simplifier la peinture » .Cette prophétie peut être considérée comme le programme esthétique de l’œuvre d’Henri Matisse. En 1896, Matisse expose pour la première fois au Salon des Cent et au Salon de la Société nationale des beaux-arts, dont il devient membre associé sur proposition de Pierre Puvis de Chavannes. Cette fonction lui permet notamment d’exposer sans passer par un jury. Il passe l’été à Belle-Île-en-Mer et rencontre l’Australien John Peter Russell, qui l’introduit auprès d’Auguste Rodin et Camille Pissarro. Il commence à s’intéresser à la peinture impressionniste qu’il découvre en 1897 au musée du Luxembourg. Il est alors un peintre classique de natures mortes réalistes aux textures amples. Pour gagner sa vie, Matisse et Marquet travaillent comme peintre décorateurs à la journée, pour les décorateurs de théâtre. Le 31 août 1894 naît sa fille Marguerite dont la mère, Caroline Joblaud, est un de ses modèles. Le 8 janvier 1898, Matisse épouse Amélie Parayre. Ils ont deux enfants, Jean en 189913 et Pierre en 1900 tous deux nés à Toulouse où les Matisse vivent près des parents d’Amélie. Le couple Matisse élève les trois enfants. Ils partent en voyage de noces à Londres où, sur les conseils de Pissarro, Matisse découvre la peinture de Joseph Mallord William Turner. Puis Matisse s’installe en Corse, il habite dans une villa dont il a loué le dernier étage meublé à un certain De la Rocca. Henri Matisse peint, à Ajaccio, une cinquantaine de toiles dont Le Mur rose qui représente l’arrière de l’hospice Eugénie vu depuis la Villa de la Rocca. Matisse s’inspire alors de Turner. En 1899, il découvre le traité de Paul Signac, D’Eugène Delacroix au néo-impressionnisme. À partir de 1900, Matisse travaille la sculpture et le modelage, à l’Académie de la Grande Chaumière, sous la direction d’Antoine Bourdelle et fréquente également l’atelier d’Eugène Carrière. Il y fait la connaissance d’André Derain et de Jean Puy. Derain lui présente Maurice de Vlaminck. Il expose au Salon des indépendants en 1901 et participe à la première édition du Salon d’automne en 1903. En 1902, Berthe Weill devient son premier marchand et, en 1904, Ambroise Vollard lui consacre sa première exposition personnelle ; cette année-là, il prend un atelier rue de Sèvres, dans l’ancien Couvent des Oiseaux. Les Trois Baigneuses de Cézanne, tableau qui appartenait à Matisse et qu’il vénérait. En 1900, Matisse achète à Ambroise Vollard Les Trois Baigneuses de Cézanne, toile aujourd’hui au Petit Palais de Paris. Matisse gardera toujours cette toile avec lui, refusant même de la vendre dans les moments difficiles, avant de la donner, en 1936, au musée parisien. Car, pour Matisse : « Cézanne est notre maître à tous ».

Les plumes blanches

La femme est représentée avec un grand chapeau, fait par Matisse précisément pour les besoins du tableau, avec une plume d’autruche. La plume est précisément considérée comme un ornement, un élément décoratif, mais en réalité elle représente aussi autre chose : la légèreté, précisément parce que la plume est douce, impalpable, qu’on peut soulever avec un souffle. C’est Matisse lui-même qui, en juin 1919, a expliqué cette œuvre à l’historien d’art suédois Rognar Hoppe. L’artiste dit : “Regardez, par exemple, ce portrait d’une jeune femme avec une plume d’autruche sur son chapeau. La plume est considérée comme un ornement, comme un élément décoratif, mais elle représente aussi autre chose, c’est un matériau, on sent sa légèreté, pour ainsi dire, la plume douce, impalpable, que l’on peut soulever avec un souffle. Le tissu du chemisier est d’une qualité très particulière et même le dessin a un caractère propre et déterminé. Je veux faire à la fois ce qui est typique et ce qui est individuel, un résumé de tout ce que je vois et ressens face à un sujet.” Dans “Le peintre et le modèle”, dont il a été question dans un article précédent, Henri Matisse fait le portrait de son modèle italien Laurette, qui pose pour lui nue ou habillée, jusqu’à la fin de 1917, avec ses cheveux noirs et ses yeux en amande. Dans le tableau, il la représente habillée en vert, alors qu’elle est assise sur un fauteuil de couleur mauve, avec un fond sombre et un mur blanc à côté duquel est suspendu un miroir vénitien. Laurette est peinte avec des lignes synthétiques. C’est un travail qui précède la cinquantaine de portraits que le peintre fera du modèle italien.

Les plumes blanches : description du tableau

Mais, à propos de “The White Feathers”, le modèle est représenté sur un fond de couleur brique, avec ce grand chapeau en plumes d’autruche de couleur crème, assorti à la robe révélant les épaules, mettant en valeur le cou et le décolleté. De grands yeux maquillés regardant au-delà de la toile et atteignant le spectateur, de longs cheveux bruns et des lèvres presque assorties au fond de la toile. Bras composés, posant pour le peintre assis. Des couleurs éclatantes et une lumière vibrante, des coups de pinceau lâches et fluides. L’auteur du tableau, né dans le nord de la France en 1869, est l’un des plus aimés encore aujourd’hui, bien que son style soit loin d’être simple. Son travail s’est développé relativement tard, juste au moment où il étudiait le droit et exerçait un travail régulier de fonctionnaire.

Autres chefs-d’oeuvre de Matisse 

– Nature morte au pichet, vers 1896-1897, 

– Le Jardin de Renoir, Musée national des Beaux-Arts d’Alger, Alger,

– Le Mur rose, 1897-1898, 

– Première nature morte orange, 1899

– Autoportrait, 1900, 

– Luxe, Calme et Volupté, 1904, 

– André Derain, 1905,   

– Fenêtre ouverte, Collioure, 1905,   

– La Japonaise au bord de l’eau, 1905, 

– Femme au chapeau, 1905, 

– La Sieste, 1905,

– Un beau matin d’été, 1905,   

– Portrait de Madame Matisse, dit La Raie verte, 1905,

– La Joie de vivre, 1905-1906, 

– Vue de Collioure, 1906, 

– Les Tapis rouges, 1906, 

– Marguerite lisant, 1906,

– Autoportrait, 1906, 

– Le Jeune Marin II, 1906,

– Le Luxe I, 1907,

– Nu bleu , souvenir de Biskra, 1907,

– Le Luxe II, 1907-1908, 

– Les Baigneuses à la tortue, 1907-1908,

– La Desserte rouge, 1908, sa version originelle était en bleu, mais fut livrée en rouge au collectionneur

– La Joie de vivre, 1908.

– La Danse I, 1909, 

– La Danse II et La Musique, 1909-1910,

– Nu à l’écharpe blanche 1909, 

– Nu assis, 1909,

– Marguerite au chat noir, 1910,

– Nature morte au géranium, 1910, 

– Joaquina, huile sur toile (55 × 38,5 cm), 1910, 

– Tête de Jeannette IV, vers 1910-1911,

– L’Atelier rose, 1911, 

– La Famille du peintre, 1911, 

– Intérieur aux aubergines, 1911, 

– L’Atelier rouge, 1911, 

– La Petite Mulâtresse, 1912,

– La Porte de la casbah (116 × 90 cm), 1912,

– Café marocain, 1912-1913, 

– Portrait de la femme de l’artiste, 1913, 

– Intérieur, bocal de poissons rouges, 1914,

– Mademoiselle Yvonne Landsberg, 1914, 

– Tête blanche et rose, 1914,

– Porte-fenêtre à Collioure, 1914,

– Vue de Notre-Dame, 1914,

– Marocains, 1915-1916,

– La Fenêtre, 1916, Institute of Arts,